Si tu parles deux langues, tu vas me comprendre quand je dis que j’ai deux cœurs et chacun a besoin de sa musique. Sur notre continent, la musique en anglais trempe tout. J’adore ma musique en anglais, mais elle n’est pas difficile à trouver; elle me trouve, enfin. Et je n’ai pas autant peur qu’elle disparaisse.
La musique en français, en contraste, est beaucoup moins omniprésente, beaucoup plus fragile. Il faut que je la cherche.
La musique de Zachary Richard est une qui m’a inspirée plus que je puisse dire. Elle parle de mes réalités en Louisiane mais aussi des réalités que je connais au Québec, en Acadie, en Amérique du nord. J’ai découvert Zachary Richard et sa musique, ironiquement, à Québec, sur les Plaines d’Abraham, en 1978. Quand je l’ai redécouvert, en 1997, en spectacle pour la Journée de la Terre à Bâton-Rouge, sa musique en français (j’avais l’impression d’être parmi les cinq qui comprenaient les paroles) m’a donné des frissons, m'a fait brailler. Elle m’a réchauffe le cœur.
Ce soir j’ai le très grand plaisir d’aller au spectacle de Zachary Richard. Il va jouer en solo, soulignant les paroles des chansons qu’il a écrites.
Ce soir la musique en français va vivre.
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